Depuis que je m’intéresse au web chinois et asiatique plus généralement, je me suis rendu compte de quelque chose d’assez étonnant : Il se passe énormément de choses en Asie et tout le monde s’en fou. Il suffit d’aller sur techcrunch France pour s’en rendre compte. Sur techcrunch il y a seulement :

  • 5 articles citant au moins une fois Baidu, le géant de la recherche en Chine (le site le plus visité en Chine)
  • 3 articles citant au moins une fois QQ, la messagerie instantanée ayant le plus d’utilisateurs au monde. (Le deuxième site le plus visité de Chine)
  • 7 articles citant cyworld, le quatrième site le plus visité de Corée
  • 1 article citant Mixi, un des sites communautaires les plus populaires du Japon.

Pourtant, nous aurions beaucoup de choses à apprendre de ces trois derniers, car contrairement à la majorité des sites communautaires occidentaux, les revenus de QQ, Cyworld et Mixi ne sont pas exclusivement basés sur la publicité, bien au contraire.
Pour bien comprendre cette différence, il est intéressant de les comparer avec Facebook. Mais avant il faut garder une chose en tête : QQ s’adresse uniquement au marché chinois, Cyworld au marché Corée (Leur tentative de pénétration du marché Américain et européen s’est soldé par un échec) et Mixi n’est présent qu’au Japon. Leurs taux de pénétration chez les internautes sont respectivement 150% pour QQ, 57 % pour Cyworld et 15 % pour Mixi. De plus, chacune des ces sociétés est largement profitable. Notamment QQ avec 523 Millions de dollars de chiffre d’affaire dont 224 millions de dollars de bénéfice en 2007 avec seulement 13% des revenus provenant de la publicité ! En comparaison Facebook perdait et perd toujours de l’argent alors qu’il est le septième site le plus visité du monde (source Alexa).

alexa figures

Vous vous demandez alors peut être d’ou ces société tire leur revenus. Et bien c’est simple contrairement aux sites occidentaux qui misent tout sur le nombre de pages vues (puisque leurs revenues sont basés sur la publicité), ces sociétés vendent des biens digitaux (qu’est ce que c’est moche digital goods en français) comme de la musiques, des avatars ou encore des casual games.
La vente de biens digitaux pourrait bien être « the next big thing » pour monétiser une communauté. Même si l’occident est un peu lent à le mettre en place, ici, en Asie, c’est un modèle prouvé depuis le lancement de Cyworld en 1999. Les internautes sont prêts à payer pour ces services, même en Chine ! Imaginez si Facebook fournissait des applications de bonnes qualités pour 10 centimes d’euros. Je suis sure que cela marcherait, seulement aujourd’hui ce n’est pas possible.
En Asie, il y a même un nouvel outil de mesure : ARFU, Average Revenue From Users, c’est a dire le Revenue Moyen des Utilisateurs. Celui de QQ est de 87% (internet + mobile) alors que celui de Facebook avoisine zéro !

A l’heure où l’Europe se cherche et dans un marché publicitaire très morcelé, cette méthode de monétisation pourrait bien être ce qu’il manque aux startup Françaises et Européenne pour vraiment décoller.